Au Burkina Faso, la malnutrition menace encore la santé de nombreux jeunes enfants. Dans ses centres nutritionnels, Morija ne se contente pas de soigner les plus fragiles : les équipes accompagnent aussi les mères, sensibilisent les familles et développent des solutions durables pour prévenir la malnutrition.
Lorsque Maimouna arrive au Centre Nutritionnel de Ouagadougou avec son fils Nathan, elle est épuisée. Depuis plusieurs semaines, l’enfant souffre de douleurs abdominales et de diarrhées répétées. Malgré plusieurs hospitalisations, son état continue de se dégrader. Il perd du poids, mange difficilement et son état se détériore fortement. « J’étais dans une grande tristesse. Nous avions déjà beaucoup dépensé pour les soins et cela affectait toute notre famille », raconte-t-elle.
Admis au Centre Nutritionnel le 8 mai 2026, Nathan commence à reprendre des forces grâce aux soins, à une alimentation thérapeutique adaptée et au suivi quotidien de l’équipe soignante. Dix jours plus tard, son état s’est déjà nettement amélioré et il a pris près de 400 grammes.
Accompagner les enfants… et leurs mères
Mais au Centre Nutritionnel de Morija, la prise en charge ne s’arrête pas aux soins médicaux. Dans un contexte où la malnutrition reste un problème majeur de santé publique au Burkina Faso, le Centre agit à plusieurs niveaux et inclut la sensibilisation des familles et la prévention au sein des communautés.
Les enfants les plus fragiles sont hospitalisés afin de recevoir des laits thérapeutiques et des bouillies enrichies préparées à partir de produits locaux. D’autres bénéficient d’un suivi régulier en consultation externe jusqu’à leur guérison complète.
Chaque jour, les mères participent aussi à des temps d’échange autour de thèmes essentiels : alimentation du nourrisson, allaitement maternel, hygiène, vaccination ou prévention des maladies infectieuses.
Nous donnons des conseils, mais aussi beaucoup de réconfort », explique Mariam Yanogo, infirmière diplômée d’État au Centre. « Ce qui fait ma joie, c’est lorsque l’enfant retrouve la santé et que le sourire revient sur le visage de sa mère. »
Odette Congo, animatrice au Centre depuis de nombreuses années, accompagne quant à elle les mamans au quotidien. « Nous prenons le temps d’écouter les familles, de les encourager et de leur montrer comment mieux nourrir et protéger leurs enfants », explique-t-elle.
Pour la maman de Nathan, Maimouna, cet accompagnement humain a été déterminant : « Depuis le premier jour, j’ai retrouvé du réconfort auprès de ces dames. L’accueil, l’écoute et la bienveillance du personnel m’ont beaucoup touchée. »
Un impact bien au-delà des Centres Nutritionnels
Les équipes de Morija mènent également un important travail de prévention dans plusieurs quartiers périphériques de Ouagadougou. Des groupes de femmes enceintes et de jeunes mamans se réunissent régulièrement pour échanger autour de l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant.
Ces rencontres permettent d’aborder des sujets très concrets : diversification alimentaire, préparation de repas équilibrés avec des produits locaux, hygiène ou suivi de la croissance des enfants. En 2025, dix-huit groupes ont été mis en place.
Allier santé, nutrition et développement rural
Au Centre Nutritionnel de Ouagadougou, la lutte contre la malnutrition ne se limite pas aux soins médicaux ou à la sensibilisation. Les équipes travaillent également en collaboration avec les programmes de développement rural de Morija, parce que de nombreuses familles n’ont tout simplement pas les moyens d’assurer une alimentation suffisante et variée.
En 2025, cette synergie a permis de proposer plusieurs formations à des femmes participant aux groupes de sensibilisation nutritionnelle. Cinquante d’entre elles ont été formées à l’aviculture, 118 à la fabrication de savon et 181 au maraîchage hors-sol. Certaines ont également reçu du matériel pour démarrer leur activité.
Ces initiatives offrent aux familles de nouvelles sources de revenus, mais aussi un meilleur accès à une alimentation diversifiée. Elles permettent aux familles d’améliorer leurs revenus et d’offrir une alimentation plus variée à leurs enfants.
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