« Je croyais que ma terre ne donnerait plus jamais rien »

Morija
  • 20 juillet 2026
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Je m’appelle Michel Bazié. Je vis dans le village de Kontigué, au Burkina Faso. Je suis marié et père de deux enfants. Après mes études universitaires, j’ai choisi de revenir au village pour cultiver la terre. Je suis agriculteur, mais aussi éleveur, maçon et commerçant. À ma manière, j’essaie de contribuer au développement de ma communauté.

J’ai toujours aimé l’agriculture. Pourtant, pendant longtemps, je travaillais beaucoup sans obtenir les résultats espérés. Nos terres sont de plus en plus pauvres, les pluies sont irrégulières et je pensais, comme beaucoup ici, qu’il était impossible d’avoir de bonnes récoltes sans engrais chimiques.

Il y avait même une parcelle que tout le village évitait. Rien n’y poussait. On disait que c’était un lieu habité par les génies. Personne n’imaginait pouvoir y cultiver quoi que ce soit.

C’est un ami qui m’a parlé des formations proposées par Morija sur les Champs Familiaux Bocagers. J’y suis allé par curiosité. J’ai découvert une autre manière de travailler la terre : fabriquer du compost, planter des arbres, mieux retenir l’eau de pluie, associer cultures et élevage. Après les explications de Pierre Bafiogo, le chargé de projet Développement rural de Morija, j’étais impatient d’essayer cette méthode sur mon champ. J’avais l’espoir qu’elle puisse vraiment changer quelque chose.

Formation Morija : des résultats rapides

Dès la première saison, j’ai voulu mettre ces conseils en pratique. Sur cette fameuse parcelle que tout le monde jugeait perdue, j’ai appliqué les techniques apprises.

À la récolte, j’ai obtenu près de 300 kilos de maïs sur un quart d’hectare. Pour moi, c’était une immense victoire ! Tout le village était étonné : beaucoup sont venus voir de leurs propres yeux que cette terre pouvait à nouveau produire.

Le plus grand changement n’a pas été seulement dans mes champs. Il a aussi été dans ma tête. Je croyais qu’il était impossible d’obtenir une bonne récolte sans engrais chimiques. Aujourd’hui, je sais que d’autres pratiques sont possibles.

Nouvelles perspectives

Cette année, ma famille a suffisamment à manger jusqu’à la prochaine récolte. C’est un soulagement.

Grâce au projet, ma femme s’est aussi lancée dans le jardinage. Cela lui permet de couvrir certains besoins de la famille. J’ai même eu la joie de devenir animateur aux côtés de Morija, et je peux à mon tour encourager d’autres familles à essayer ces méthodes.

Si j’ai un souhait, c’est que cette méthode puisse se répandre dans toute la commune. Beaucoup de familles travaillent dur sans parvenir à vivre de leurs récoltes. Moi, j’ai découvert qu’il était possible de faire autrement. J’aimerais que d’autres retrouvent, eux aussi, cette confiance en l’avenir.

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