Denis Sawadogo est originaire de Kongoussi, dans le nord du Burkina Faso. L’insécurité et la précarité de sa famille ont stoppé son rêve d’études universitaires et l’ont obligé à travailler dans les mines d’or. A 31 ans, sa vie bascule à nouveau : le 26 janvier 2025, un accident de moto lui cause une grave blessure à la cheville droite. Une fracture ouverte, douloureuse.
Soigné d’abord dans un centre de la région, Denis subit une première intervention pour renforcer l’os fracturé. Mais la plaie ne guérit pas.
Pire, une surinfection multiplie les douleurs, qui deviennent insupportables. Sa famille est très présente et se mobilise, mais les semaines passent sans aucune amélioration. Au contraire, l’infection se développe et l’espoir s’amenuise peu à peu.
En mai 2025, Denis est orienté vers le Centre Médico-Chirurgical (CMC) de Kaya. Le diagnostic est lourd et sans appel : l’amputation est inévitable.
Il lui faudra trois mois pour s’y résoudre, partagé entre la peur, la tristesse et l’amour de ses proches. « Accepter de perdre une partie de soi est la chose la plus difficile que j’aie vécue », confie-t-il. L’opération a lieu en septembre. Denis reste hospitalisé plus d’un mois. « Je m’y suis senti rassuré, le personnel est respectueux de la dignité de chacun. »
En janvier 2026, il reçoit une prothèse et bénéficie de rééducation.
Les premiers pas sont hésitants, puis de plus en plus assurés. Aujourd’hui, il marche sans béquilles. À première vue, son handicap est presque invisible !
« Quand on ne peut plus marcher et qu’on y arrive à nouveau, on rend grâce à Dieu », dit-il avec émotion.
Il ne pourra plus travailler dans les mines, mais il est redevenu autonome. Il souhaite se lancer dans le commerce pour reconstruire sa vie.
Denis espère que le CMC de Morija pourra poursuivre son développement et aider de nombreuses autres personnes. « Si j’étais venu immédiatement au CMC après mon accident, je pense que j’aurais pu conserver mon pied droit ! »
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