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Journée
de la Femme – Morija lutte contre l’excision
La lutte en faveur des plus démunis que Morija mène depuis
28 ans se poursuit, notamment celle liée aux mutilations génitales
féminines. MGF (Mutilations Génitales Féminines),
3 lettres qui cachent une honte et un drame difficile à assumer.
Quelque 3 millions de fillettes sont mutilées chaque année,
soit 250’000 par mois. Pour faire écho à de nombreuses
manifestations qui auront lieu le 8 mars lors de la Journée de
la femme, et notamment celles qui voudront dénoncer l'excision
et les mutilations génitales féminines, Morija souhaite
rapporter le témoignage de 2 femmes qui sont sorties du silence,
l’une victime de l’excision et l’autre ancienne exciseuse,
pour dire l’urgence d’un changement.
Le sexe d’une femme excisée, c’est
comme une plaie constante que l’on arroserait d’alcool
Amina Iza, Camerounaise de 40 ans, témoigne : «C’est
à l’âge de 3 ans que j’ai été excisée.
A mes multiples questions, ma mère me répondait que c’était
une tradition arabe de mon ethnie choa d’exciser les femmes. Une
femme qui ne l’est pas est impure; elle ne peut se marier, ni faire
des prières, me disait-elle. Je croyais donc que toutes les filles
du monde subissaient l’excision. Mais à 10 ans, j’ai
découvert que je me trompais, car des amies d’une autre ethnie
m’ont dit qu’elles savaient que j’étais excisée,
contrairement à elles. A 14 ans, j’ai osé dire à
ma mère que je ne ferais jamais exciser ma fille, car c’était
une affreuse coutume. C’est une honte, me dit-elle, c’est
le devoir d’une mère.
Je me suis mariée à 16 ans. J’étais
terrifiée. Le soir de mes noces, j’ai eu tellement mal que
je me suis évanouie. J’ai eu mon premier enfant à
18 ans. J’ai souffert le martyre, et tous mes accouchements ont
été abominables. A 30 ans, j’ai découvert comment
était formé mon appareil génital et surtout la différence
entre une femme excisée et une femme non excisée. Et là,
j’ai ressenti une grande colère.
J’ai toujours souffert de douleurs insupportables
dans le ventre. Le sexe d’une femme excisée, c’est
comme une plaie constante qu’on aspergerait d’alcool. Mais
en Afrique, personne ne lie ces maux à l’excision. Les mères
africaines sont ensuite étonnées de comprendre que l’excision
est la cause de leur propre souffrance. Aujourd’hui, ma chair reste
mutilée et pour moi, le sexe n’est que douleur.»
Nous avons hérité cette pratique de
nos parents
Agée de 57 ans, Bila Dimzouré a été initiée
à cette pratique par sa grand-mère. Elle témoigne:
«A sa mort, elle me légua sa lame et je lui succédai
pour devenir à mon tour l’experte du quartier. Entre-temps,
j’ai excisé ma propre fille qui malheureusement a eu le tétanos.
Grâce à Dieu, elle a survécu, mais elle n’a
pas encore eu d’enfants. J’ai réalisé aujourd’hui
avec les sensibilisations que c’est à cause de l’excision
que ma fille ne pourra peut-être jamais enfanter. J’ai juré
devant Dieu de ne plus répéter cette erreur sur un enfant.
Maintenant je fais partie du groupe de sensibilisation sur le sida et
l’Etat m’a donné un vélo».
Les partenaires de Morija sur place luttent contre les mutilations
génitales féminines par la sensibilisation, que ce soit
dans les centres médicaux et les centres de nutrition, lors de
causeries, ou dans les écoles lors de cours dispensés aux
enfants. Si des progrès ont été accomplis, il reste
néanmoins beaucoup à faire, comme en témoigne ce
jeune Togolais, interrogé par le directeur du Centre Médico-Social
de Farendé : «Je dirais qu’à l’heure actuelle,
un jeune comme moi ne peut pas s’opposer à l’excision.
Au contraire, s’il arrivait à un farfelu de s’y opposer
dans un groupe, on ferait tout pour le ramener à la tradition.»
Tout don sur le CCP Morija 19-10365-8 (avec mention «
lutte contre les MGF ») est le bienvenu et sera attribué
aux centres dans lesquels cette sensibilisation se fait jour après
jour. Merci de contribuer à cet espoir de lendemains meilleurs
et plus dignes.
Chacun peut trouver d’autres témoignages et
information en consultant www.morija.org, puis « journal »,
et enfin en téléchargeant le pdf « 224 - Date 03/2007
».
Encadré
L’excision est en fait un acte chirurgical généralement
proscrit par la loi et les règlements en vigueur. Il consiste en
l’ablation partielle ou totale du clitoris, ou en l’ablation
du clitoris et l’excision partielle ou totale des petites lèvres
ou encore par l’excision partielle ou totale des organes génitaux
externes et le rétrécissement de l’orifice vaginal.
Il se fait dans des conditions déplorables laissant la petite fille
moralement et physiquement traumatisée et exposée à
des risques et conséquences dramatiques.
Complications physiques:
- la douleur: elle est atroce et insupportable au
moment de l’ablation effectuée sans anesthésie.
Et elle le restera, notamment pendant les rapports sexuels.
- les hémorragies: au moment de l’ablation
et lors d’un accouchement, elles sont souvent responsables d’anémie
et de mort.
- les infections: Les conditions d’hygiène
douteuses dans lesquelles se pratiquent les excisions sont à
l’origine de nombreux cas d’infections pouvant aboutir à
la stérilité. Notons également l’exposition
au sida et au tétanos.
Complications obstétricales:
- la cicatrice rend la vulve de la femme moins souple
et l’accouchement difficile. Sans aide appropriée, l’enfant
et la mère risquent la mort et succombent fréquemment.
Conséquences psychosociales:
- perte de sensations naturelles se manifestant par
la frigidité sur le plan sexuel.
- perte ou détérioration de l’image
de soi dans la société.
Association Morija
6 mars 2007
Pour tout complément d’information : Madame
Christiane Raboud , responsable de la communication - Tél. 024
472 80 70
Depuis 27 ans, le cœur de Morija bat en faveur
des enfants affamés, des orphelins, des veuves et des plus défavorisés.
Aujourd’hui, ce combat contre la mort et la misère se poursuit
grâce aux 14 projets développés au Burkina Faso, au
Tchad, au Togo et au Cameroun.
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